Les rencontres littéraires d'Ambronay

19ème édition

SMOLARZ Bruno


Bruno Smolarz est né à Toulon et vit à Paris. Il se passionne pour lhistoire de lart et obtient un doctorat en langue et civilisation japonaises. Lorsquil nest pas habité par Hokusaï, il voyage, traduit et publie des articles dans diverses revues artistiques et littéraires.

 

Résumé du livre

Dès lâge de six ans je pris lhabitude de recopier des images ; arrivé à la moitié de cent, javais déjà réalisé de nombreux dessins, mais rien de ce que jai publié avant soixante-dix ne vaut vraiment dêtre pris en considération. À soixante-treize ans jai enfin à peu près compris la quintessence des oiseaux, bêtes sauvages, insectes, poissons, et la substance des herbes et des arbres. À quatre-vingts ans je continuerai donc à progresser et à quatre-vingt-dix je pénètrerai au plus profond des choses ; à cent ans jatteindrai lindicible et à cent dix ans chaque point, chaque ligne, sera la vie même. Hokusaï, préface aux Cent vues du Mont Fuji On sait par dinnombrables contes et légendes, comme par les textes de la littérature classique japonaise, que le Japon est un pays habité de fantômes. Le fantôme dHokusaï (peintre japonais, 1760-1849) est venu, pour ce texte, hanter Bruno Smolarz, qui a écrit, sous la dictée, et donc à la première personne, cette vie peu commune dun homme « fou de dessin ». Hokusaï naurait jamais dû cesser de vivre puisque, âgé de quatre-vingt-dix ans, il commence à peine à saisir lessence du monde. Au fil du pinceau, il revit son passé, mêlant à ses souvenirs des réflexions sur lart (limportance de la nature et des voyages, la négligence du nu, le charme dune courbe, la découverte du bleu et de la perspective en Occident), sur son époque (sa famille, ses pairs et ses rivaux, les gouvernements et les famines) ; sa mémoire est parfois fidèle, par moment aussi riche en invention que son imagination dartiste. Plus il raconte, plus la mort se tient à distance, peut-être même finira-t-elle par loublier, lui permettant de continuer à peindre jusquà ce quil atteigne la perfection, une perfection qui nest pas de ce monde. Cest du moins ce quil espère



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